Libres égarés

Une épave au vent
Vieille et rouillée, dans le sable blanc
Et le soleil perce les bancs
De nuages bleus et francs
C’est là, dans ce paysage
Que je mime ces phrases
Celles qui voyageront au fil des âges
Pour adoucir les visages
Un éclat, une lumière de jeunesse
Parfois, me délivre de la laisse
Que le monde noue à mes pas
Et par douce maladresse
Je le laisse boire en moi
Mes mots, mes silences
Mes élans, mes errances
Et ceux qui marchent un temps près de moi
Déjà, le vent les emporte
On ne peut que les aimer
Ces amours ne font que passer
Pèlerin je suis
Car rien ne m’appartient
Ni la mer, ni la nuit
Alors que j’ère sans abri
Sur ces îles au loin
Un flot d’énergie
Riche de rencontres et d’amis
De plaisirs simples et purs
Quand sur les battures
Les esprits dansent et se lient
Rêvant aujourd’hui
D’un monde à leur image
Auquel ils se prêtent la nuit
En un instant tout devient possible
Et l’on s’échappe ensemble
Au large de ces plages
Une île de libertins
Où résonnent les tambours
Un carnaval sans fin
Une fête de calembours
Mais alors comment triompher
De la vie, de la liberté
Quand l’esprit est coi
Et l’âme sans foi ?
Sans amour, nous ne sommes rien
Songez que la vie s’éteint
Quand la chair est rompue
Mais que l’essence subsiste
Et la vie continue
Par le don altruiste
Libres égarés
Loups solitaires rassemblés
Le monde n’est point perdu
Si l’on partage notre dû
Avec celle que l’on chérit
Une famille qui nous rajeunit
Nous rend, à chaque heure
Une nouvelle once de bonheur
L’âme légère, au gré du temps
On se laisse porter et s’ouvre aux gens
Avide et sans retenue
À notre tour, faisant voile au gré du vent
À la quête de nos vertus
Un jour cette quête s’achèvera
Quand de comble s’emplit le cœur
De ce trésor éternel
Qu’offre la vie dans sa splendeur


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