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Libres égarés

4 mars
2 min de lecture
Une épave aux Îles de la Madeleine

Une épave au vent

Vieille et rouillée, dans le sable blanc

Et le soleil perce les bancs

De nuages bleus et francs

C’est là, dans ce paysage

Que je mime ces phrases

Celles qui voyageront au fil des âges

Pour adoucir les visages

 

Un éclat, une lumière de jeunesse

Parfois, me délivre de la laisse

Que le monde noue à mes pas

Et par douce maladresse

Je le laisse boire en moi

Mes mots, mes silences

Mes élans, mes errances

Et ceux qui marchent un temps près de moi

Déjà, le vent les emporte

 

On ne peut que les aimer

Ces amours ne font que passer

 

Pèlerin je suis

Car rien ne m’appartient

Ni la mer, ni la nuit

Alors que j’ère sans abri

Sur ces îles au loin

 

Un flot d’énergie

Riche de rencontres et d’amis

De plaisirs simples et purs

Quand sur les battures

Les esprits dansent et se lient

Rêvant aujourd’hui

D’un monde à leur image

Auquel ils se prêtent la nuit

En un instant tout devient possible

Et l’on s’échappe ensemble

Au large de ces plages

 

Une île de libertins

Où résonnent les tambours

Un carnaval sans fin

Une fête de calembours

 

Mais alors comment triompher

De la vie, de la liberté

Quand l’esprit est coi

Et l’âme sans foi ?

 

Sans amour, nous ne sommes rien

Songez que la vie s’éteint

Quand la chair est rompue

Mais que l’essence subsiste

Et la vie continue

Par le don altruiste

 

Libres égarés

Loups solitaires rassemblés

Le monde n’est point perdu

Si l’on partage notre dû

Avec celle que l’on chérit

Une famille qui nous rajeunit

Nous rend, à chaque heure

Une nouvelle once de bonheur

 

L’âme légère, au gré du temps

On se laisse porter et s’ouvre aux gens

Avide et sans retenue

À notre tour, faisant voile au gré du vent

À la quête de nos vertus

 

Un jour cette quête s’achèvera

Quand de comble s’emplit le cœur

De ce trésor éternel

Qu’offre la vie dans sa splendeur

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